Sunday, May 15, 2011

STUPEFLIP - The Hypnoflip Invasion

Après trop d'années d’absence, Stupeflip revient enfin sur le devant de la scène en nous offrant leur troisième album. Et qu'on se le dise, le C.R.O.U Stupeflip n'est pas mort. La preuve : personne ne peut les récupérer, ils ne rentrent pas dans le rang, et c'est entre rage et déconne qu'ils reviennent dans ce système dans le but de déranger pour mieux s'exprimer. Une révolution par la déconne en somme. Le groupe le plus déjanté de l'hexagone, nous raconte la suite de l'histoire du C.R.O.U qui remonte à la première ère du Stup créée en 1972 où dans un monde (pas si) imaginaire (que ça) on retrouve des laissés pour compte, des ratés, des laids, des monstres avec des textes toujours un peu plus percutants et violents.

Stupeflip revient donc avec “The Hypnoflip Invasion” , nous entrons dans la troisième ère du Stup. L'intro nous annonce que le Stupeflip C.R.O.U ne mourra jamais. King Ju, Cadillac et McSalo ne sont pas morts et sont de retour bien décidés à faire bouger nos petits neurones à coup de textes teintés d'humour noir et de paroles grinçantes. Le Stup est toujours énervé !

Jonglant merveilleusement entre le bon ridicule avec "Le Cœur Qui Cogne", "Ce Petit Blouson En Daim", l'amour brut avec "Gaëlle" ou "Gém Les Moches", l'enfance "Le Spleen des Petits", la religion "Sinobe Pibouin" ou encore le percutant "Stupeflip Vite" qui nous apporte une certaine réflexion de cette formidable époque sur un rythme acidifié...
Sur fond de mélanges musicaux indissociables hip-hop électro, rock-punk, disco-pop, tout ce que vous voulez, des samples angoissants et intrigants, l'univers de Stupeflip bien particulier fait dans l'art musical le plus complet qu'il soit. Un album irréprochable, un enchaînement de 22 pistes ultra réussi, entrecoupé d'enregistrements sonores comme des anecdotes sur l'histoire du C.R.O.U ou des dialogues entre membres... de quoi rester hypnotisé par cet art mental.

Frisant la perfection, "The Hypnoflip Invasion" va à coup sûr, devenir le phare de toute une génération. Un peu à la façon d'un empereur Tomato Ketchup, qui, vingt-cinq ans plus tôt nous appelait à la révolte. Stupeflip c'est un peu ça, ils nous offrent le moyen d'une révolte intérieure pour mieux sortir de cette bonne société de consommation pleine de moutons !






Samedi 14 mai 2011, Stupeflip pose ses valises en Bretagne dans le cadre du festival ROCK'N'SOLEX à Rennes. Je suis encore hypnotisé par l'album, et rien de mieux que de finir en beauté par un petit concert et conclure l'expérience de la meilleure des façons. Évidemment un concert en festival n'a pas la même intensité qu'un concert en salle, mais qu'importe, je me réjouis de les retrouver pour la première fois depuis cinq ans.
L'heure approche, le public jusqu'à présent assez calme commence à bouillonner. Ça avale bières et alcools en tout genre, ça pousse, ça braille, ça scande. Des fans masqués brandissent des scies. Les lumières s'éteignent et l'intro crache enfin dans les enceintes géantes. Ça commence ! Stupeflip fait une entrée très apocalyptique, mystique. Les moines spiritueux du C.R.O.U prennent place sur scène. C'est flippant mais c'est jouissif à la fois. Bon sang, des moines rappeurs, le contraste est stupéfiant...


Le concert se déroule d'un trait, dans des chorégraphies sordides et déjantées, très bien soignées accompagnées d'un défilé de personnages masqués, imposant respect et admiration. La grande majorité du public reprend en chœur autant les morceaux du nouvel album que les plus anciens et plus connus. "Gaëlle" - "Stupeflip" - "Les Monstres" - "Lettre à Mylène" - "Stupeflip vite" et j'en passe. Je n'en dirai pas plus pour garder une part de suspense (et parce que je n'ai plus la set-list en tête), mais les hymnes terrifiants et les slogans ravageurs qui font la force du groupe se succèdent dans un nuage de poussières, soulevés par une foule en délire. L'osmose est présente, nous sommes tous envoûtés par cette tribu de dingues, et heureux d'être insultés par ce *bip* de Pop-Hip.

La fin est proche, le dernier rappel vite expédié mais pas moins plein de furie : "A bas la hiérarchie" explose avec violence et passion dans la face d'un public déchainé. Fin de la chanson. Sans un mot Stupeflip s'efface. Et puis, les lumières s'allument. Mais qu'importe, ce soir les lumières venaient surtout de la scène et de la performance extraordinaire d'un groupe qu'on est heureux de retrouver dans notre quotidien musical.

site officiel
Stupeflip chez Ephélide

Pablito

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