Sunday, November 24, 2013

Da Silva - Villa Rosa


J'en ai passé des heures à écouter Le Carnaval, L'Averse, L'Instant, La Distance ou encore L'Indécision. Et il faut dire que souvent, ils m'appellent lorsque la mélancolie me guette. L'amour pessimiste comme j'aime l'appeler, les ruptures, l'absence, ... ont souvent caractérisé les 4 albums précédents de l'artiste. Villa Rosa semble présager un album moins sombre. Peut-être que finalement la vie est un peu plus rose que ce qu'on ne pouvait l'imaginer ? En tout cas, c'est l'impression que cela donne dès les premières notes du "Coureur de Fond". Premiers mots : "Les sentiments". Le thème de l'amour sera donc bien présent. Ici, ce seront les non-dits qui primeront même si "tout passe". On pourrait penser que le décor est planté mais c'est de surprises en surprises que nous voguerons avec cet album. 

Nous passerons de thèmes en thèmes, de sonorités en sonorités, chaque chanson étant indépendante l'une de l'autre. On pourra néanmoins faire un constat : les instruments folk de prédilection de l'artiste comme la guitare ou le piano passent au second plan laissant place aux synthétiseurs. Ces expérimentations et ce renouveau sont une vraie volonté de Da Silva qui souhaitait sortir des étiquettes qu'on lui attribuait et réunir dans un album toutes les influences qui font de lui l'artiste qu'il est aujourd'hui. Ils résultent de la collaboration avec deux réalisateurs et amis, Thibaut Barbillon et Frédéric Fortuny. 

Le deuxième titre, "Un jour peut-être" commence de façon aussi entraînante que le premier, ce qui laisse présager de très bons moments en live. Ce sont des couplets "parlés" qui nous attendent suivis de refrains chantés. S'ensuit la grande surprise de l'album "Gin Fizz" aux airs d'un tube des années 80' revisité. Enfilez vos tenues discos, on s'y croirait ! "La tasse" ressemble un peu plus aux précédents albums avec le retour de la guitare, de la batterie et cette fatalité... Dans "l'été", c'est crescendo que va apparaître la présence des instruments et synthés. On se laisse d'abord emmener par la voix de Da Silva. Au loin, on peut capter quelques cris d'enfants. Au fur et à mesure de la chanson s'ajoutent de nouveaux sons, de nouveaux instruments qui vont peu à peu prendre de plus en plus d'espace jusqu'à ce qu'ils l'occupent complètement pour finalement laisser place uniquement ... à quelques cris d'enfants. 


Villa Rosa a été choisi comme premier single de l'album. Et quelle énergie positive! Ca y est, on l'aperçoit cette touche rose, sûrement représentative de la touche féminine ajoutée dans la chanson. Cette touche, on la doit à Dom La Nena, violoncelliste brésilienne présente déjà sur "La Distance". Sur le titre, sa voix murmurant des paroles en portugais rappelle les origines de Da Silva. Reste alors 4 chansons sur les 10 de l'album. "Le puits" nous parle de l'amitié entre deux personnes. La rupture est alors abordée d'un autre point de vue, celui de l'ami, présent. Qu'avez-vous fait de vos "20 ans" ? Ce refrain résume assez bien les souvenirs de ce que peut être la vie et notre vision de celle-ci quelques années auparavant. Comparer l'angoisse à une femme, le pari était audacieux mais réussi pour "La Remise". En parlant de "Paris", elle clôture l'album par un voyage destination ... la suite de l'aventure ? 
C'est donc un 5ème album éclectique que nous a livré Da Silva et qu'on a hâte d'aller applaudir sur les routes. Même si je suis plutôt adepte des instruments classiques, j'ai été complètement séduite par les sonorités et les thèmes de "Villa Rosa". J'ai pu (re)découvrir un artiste accompli qui a pu se renouveler tout en gardant les bases de son univers. Et l'ayant vu en live, je ne peux que vous encourager à réserver vos places pour une des dates suivantes : 

Le 17 janvier 2014 @ Le Forum / Vauréal
Le 21 janvier 2014 @ Esp. Culturel De La Pointe De Caux / Gonfreville 
le 23 janvier 2014 @ L'Ubu / Rennes 
Le 24 janvier 2014 @ la Citrouille / Saint Brieuc 
Le 28 janvier 2014 @ La Dynamo / Toulouse 
Le 29 janvier 2014 @ Espace Julien / Marseille  
Le 30 janvier 2014 @ MJC Perrache / Lyon 
Le 31 janvier 2014 @ La Poudrière / Belfort 
Le 1 février 2014 @ Salle Culturelle / Vandoeuvre Les Nancy
Le 12 février 2014 @ Café De La Danse / Paris  
Le 21 avril 2014 @ Espace Stephane Essel / Nevers

UkuTsuna






Tuesday, November 5, 2013

DE CALM - Amour Athlétic Club

Les musiques se suivent et ne se ressemblent pas forcément. À l'écoute de l'Amour Athlétic Club, on se rend compte que notre paysage musical francophone possède une belle brochette de talentueux groupes et chanteurs. Ceux capables de mettre en œuvre et de maitriser à la perfection leur propre art. Pour résumé, le second album de De Calm court dans le ciel sur des nuages incertains, grisonnant, pleuvant, avant de nous offrir ce qu'il est capable de faire le soir venant : d'être un magnifique coucher de soleil optimiste. C'est l'image qui me vient en écoutant pour la première fois Amour Athlétic Club.

"Les plongeoirs" était sorti avant l'été, suivi de près par "Un jour de mai" que l'on a pu découvrir par le biais d'un clip touchant et merveilleusement bien réalisé où l'on voit deux enfants découvrir avec amusement le doux moment du premier amour. Deux titres comme amuse-bouche qui nous donnaient à l'époque le goût délicieux d'un rendez-vous à ne pas manquer ce deuxième album rassemblant onze chansons prévues pour novembre 2013. Si le batteur Philippe Entressangle qu'on ne présente plus, et le bassiste Marcello Guillani sont venus donner de l'ampleur et une touche de pop à cet album, l'univers de De Calm détonne toujours par son rock poétique, ses mots errants issus d'une génération qui aime recréer son monde. Et apparemment, un ton plus direct, plus tranchant que ce ne fut le cas dans le premier album "Le film définitif", concept hommage au 7e art.

Si la mélancolie prend ses aises sur des titres comme "Le souvenir de la beauté", "Le film qui ne se fera jamais" ou "Le refrain de nos sueurs ", c'est que nous sommes rapidement submergés par des textes forts et lucides, par un piano envoutant, et des violoncelles à nous faire prendre racine dans un espèce de délicieux moment qu'on aimerait ne pas quitter. S'énervant légèrement, "Crystal Palace" offre une alternative à notre écoute émotive. Tout ça avec et toujours par l'amour, maillon flagrant de l'album. L'amour, cette chose qui fascine les cœurs, qui torture les âmes, qui offre autant de possibilités que d'émotions et de sensations réunis, De Calm se penche sur le sujet avec rage dans "Léger", avec espoir dans "Je voudrais tant", pour ne pas oublier avec "En 601". Pour qu'au final "Regarde bien" résume peut-être que l'amour est d'abord une estime de ce qui nous entoure.
À travers des mots simples et justes, un art visuel et sonore évident, De Calm s'impose de par sa fraicheur et son sens de l'amour des petites choses.


En conclusion, je crois que De Calm est à ranger dans la catégorie entre "Artistes du bonheur" et "Artisans de talent". Bon ok, alphabétiquement ça ne colle pas, mais c'est là que l'ambition entre en jeu et permet à ce groupe de faire les choses de façon grandiose comme moi l'occasion de perturber pour une fois l'ordre alphabétique parce que cela en vaut vraiment le coup. Enfin, grâce à eux et à ce gros coup de cœur, je me rends compte à quel point la passion pour la musique peut être délicieuse, alors mille mercis pour cet Amour Athlétic Club.