Friday, February 24, 2012

ZEDRUS - Dans la différence générale

Zedrus fait partie de ces chanteurs qui chantent si bien que la vie n'est pas forcément un long fleuve tranquille. Certains s'y sont cassés les dents et excellent royalement dans l'excrément sonore, d'autres en sont devenus de véritables poètes, comme c'est le cas du révoltant suisse. Friable comme de la soie, dur comme un roc, Zedrus, en bon capitaine courageux, n'emprunte pas les voies navigables d'un long fleuve tranquille, ses mots sont solides et son pop/rock pernicieux nous tient en équilibre sur sa barque "Dans la différence générale".

Bien décidé à affronter les tumultes de la vie, l'auteur n'a de cesse vouloir mettre le doigt là où on n'aime pas forcément mettre le notre. Ne pas fuir, rester lucide, et combattre avec l'écriture comme principale arme, une recette pourtant à portée de main, mais à double tranchant si l'on n'a pas de talent. La sortie de l'album "Dans la différence générale", porté par le premier morceau "Cochon", va nous prouver que Zedrus maîtrise la poésie avec autant de simplicité que d'efficacité. Ça démarre très fort, l'intro musicale de "Cochon" me fait penser à un blues à la Lee Hooker et porté par des paroles pertinentes, je rentre rapidement dans l'album. Sa voix écorchée mais douce me rassure et je fredonne déjà le refrain comme si je le connaissais depuis des lustres :
"Et ben cochon ! | C'est pas le produit qu'on m'avait vendu ! | Pour affronter la société | Mieux vaut être con | Con sans sommations | Con sans sommations !!"
.

Voilà d'entrée de jeu, Zedrus me surprend. Quand je découvre un artiste, le premier morceau est souvent celui qui donnera la température de l'album. Sur ce coup, l'artiste a marqué un point et j'ai envie de prolonger l'aventure, curieux et excité à la fois. Les morceaux suivant ne feront pas descendre la température. Les guitares prennent une grande place et se marient superbement avec les paroles. Stridentes, désabusées mais pourtant mélodieuses, elles nous rappellent fortement que c'est bien plus qu'un moyen de transmettre une ambiance.

1 - Cochon

2 - Petit mortel


3 - Si j'allais mieux
4 - On allait si bien ensemble
5 - Je fais le trottoir
6 - La vie c'est du vent
7 - Je rêve d'être méchant
8 - La magicienne
9 - Il manque toujours...
10 - Sans l'amour d'un père
11 - Pourrir de son vivant
12 - Elle n'existent pas
13 - Privé de décès
14 - Tout va mal
15 - L'envers du désastre

"Zedrus sur scène c'est un peu comme arracher un sparadrap très lentement, on sait que ça va faire mal avant de nous faire du bien..."

Pas forcément des titres très joyeux pourrait-on penser après lecture des chansons proposées, mais la vie n'est pas aussi brutale qu'elle y paraît chez l'artiste. Ses textes ressemblent un peu à ces mauvaises herbes qui poussent sauvagement dans les caniveaux puis donnent finalement un peu de couleur dans la grisaille du bitume pour le bonheur de celui qui en aurait besoin. En suivant cette métaphore, toutes les chansons se ressemblent de manière générale. "Je fais le trottoir" par exemple, lorsque l'artiste pose les grandes lignes noires d'une vie, cela ne nous donne pas forcément envie de nous suicider. C'est un constat, il faut mettre les pieds dedans pour mieux rebondir, ou s'appuyer dessus pour se donner de la hauteur et respirer. Sur une batterie dansante et un piano envoûtant qui ferait sauter de joie n'importe quel Patrick Juvet en nous, "Il manque toujours..." montre une facette plus festive de Zedrus, Mais c'est avec "Sans l'amour d'un père" que l'ont peut voir l'étendue de sa poésie. Une sorte de tristesse tendre. Dans une autre veine, "Privé de décès" se veut peut-être mélancolique et angoissant, mais fait la part belle aux arrangements vocaux et musicaux. A l'image de l'album, "Tout va mal", malgré le ton lourd du thème comme une poutine à huit heures du matin, reflète une certaine légèreté, une homogénéité que Zedrus construit parfaitement tout le long de ce périple. C'est sûrement grâce à ça que l'album est une réussite. .

En somme, "Dans la différence générale" est séduisant, ZEDRUS réussit à me tenir éveillé face à sa vision de la vie qu'il chante pendant 50 minutes. Même si je n'ai pas écouté son premier opus "Mes amis sont des ports" et ne peux donc faire de comparaison sur l'évolution de son répertoire, j'ose penser que le résultat est à la hauteur du talent du bonhomme. En tout cas c'est un album à saluer et qui s'offre une belle place dans ma discographie. Entouré d'artistes aussi écorchés que talentueux, ZEDRUS n'aura pas à rougir d'être aussi bon. A déguster d'urgence !

Pablito

http://www.myspace.com/zedrus

Cyril Mokaiesh



Cet album n’est pas une nouveauté, il est sorti il y a déjà quelque temps mais j’ai vraiment hésité à faire la critique de peur de ne pas être objective mais  je me lance !

Bon alors, déjà... qui est Cyril Mokaiesh ? Il faut bien commencer par le commencement, et Cyril, lui, n’en est pas à son commencement ! Pour les plus connaisseurs d’entre vous, Mokaiesh ne doit pas vous être inconnu… En effet, ce cher Cyril était le « leader » d’un groupe nommé Mokaiesh avant de voler de ses propres ailes. Leurs musiques étaient bien plus rock que ce que Cyril nous propose sur son album solo, ce qui a dû surprendre plus d'un fan. Mais bon, je suis devant mon écran aujourd’hui pour vous parler du présent, de l’album « Du rouge et des passions» alias l’album du bonheur (j’exagère ? pas sûr !).

Le titre de l’album annonce à lui seul la couleur de ce nouvel opus ; on se dit qu’on va surement avoir le droit à des chansons romantiques, à du Stendhal (« le rouge et le noir ») ou bien des chansons engagées (rapport à la couleur rouge)… Même si le titre de l’album est en fait tout simplement le titre d’une chanson de l’album (qui est d’ailleurs ma préférée), il résume tout à fait l’ensemble de l’album : une touche de romantisme, d’engagement, le tout agrémenté de sonorités qui sentent bon le printemps voire l’été (et ce n’est pas du luxe vu le froid hivernal qui nous a touché il n’y a pas si longtemps) et d’une reprise.
Bon allons voir plus en détail ce que Cyril offre à nos oreilles… L’album débute avec deux titres assez politisés : « Mon époque » et « Communiste » (premier titre sortie pour la promotion). On y retrouve un homme engagé qui ose dire ce qu’il pense de notre société tout en étant agréable pour nos oreilles ce qui n’est pas un exercice des plus simples. Mais bon, on se dit : « oui bon bah je sens que l’album va être que de chansons comme ces deux-ci… mouais… je vais vite m’en lasser, c’est sûr». Et bien NON ! Tout le reste de l’album n’est que poésie, romantisme mais sans tomber dans le côté fleurs bleues des « chanteurs à minettes » : ce sont des chansons encrées dans la réalité, parlant de choses vraies et vécues. Mes titres préférés restent donc « Du rouge et des passions » mais aussi « Des jours inouïs », « Folie quelque part », « Nos yeux », « Tes airs de rien », « Remettre un peu de bleu », « Des mots », « Le cris des essoufflés » et « Chère amie » (oui,bon pour être totalement honnête, « des mots» et  « Le cris des essoufflés » , ne sont pas vraiment dans mes préférés) Quoi ? Ce sont [presque] tous les titres de l’album ? Oui donc c’est officiel, j’aime l’album… 

Ah mais on m’a dit de faire une critique objective de cet album, dur dur quand même… Bon alors si il faut en choisir je choisirais les deux premières de la liste que je viens de donner… la première jouant avec habilité avec les émotions et la deuxième donnant obligatoirement et machinalement un énorme sourire. Et sinon, mention spéciale pour la chanson « Chère amie » qui n’est autre qu’une reprise de Marc Lavoine (dont il a fait quelques premières parties). Ce n’est donc pas sa chanson mais il a réussi à s’approprier les mots et les idées, quitte à en faire un peu trop (on sent que les larmes sont prêtes à couler).
Est-ce la peine de vous faire un bilan de ce que je pense de cet album ? Bon je vais quand même le faire avec quelques mots : bonheur, sourire, émotions, force.
Il est également important de souligner la très bonne réalisation de l’album et les arrangements qui donnent toutes leur dimension aux titres de l’album. Les mélodies sont tantôt douces, tantôt fortes et pleine de passion et s’accordent très bien avec les émotions que les chansons veulent faire passer. On se surprend à vouloir assister à un concert avec un orchestre symphonique derrière pour ressentir en live les émotions que nous procure cet album.
C’est un opus d’une grande qualité qu’il nous offre et je ne serais pas des plus étonnée de le voir perdurer dans l’environnement musical français voire étranger pendant quelques années. La preuve en est (une petite anecdote en prime) : lors d’une de ses premières scènes belges (au BSF), il avait apporté avec lui une quinzaine d’albums à vendre à la fin du concert… et il y a eu une vrai rupture des stocks laissant une bonne quinzaine de nouveaux fans sans album à ramener à la maison… et il en fut le premier surpris.
Conclusion : n’hésitez pas à vous procurez cet album !

Vous souhaitez en savoir plus sur Cyril Mokaiesh ?




-Céc-

Wednesday, February 22, 2012

Blur - The Great Escape


A l'heure où tout le monde ne parle plus que du grand retour de Blur lors de la cérémonie des Brit Awards (qui a eu lieu mardi soir) et pour un concert exceptionnel à l'occasion de la clôture des J.O. de Londres l'été prochain, j'ai, moi aussi, eu envie d'écrire un petit mot sur un des groupes qui a bercé mon adolescence.

Bon alors, bien évidemment, il me serait difficile de parler de tous les albums et de toute la carrière du groupe en un seul article (ou alors je vous ponds une encyclopédie en 12 volumes qui deviendrait rapidement indigeste), donc je vais m'arrêter sur l'album qui m'a le plus marquée et suivie pendant mes tendres années : The Great Escape.

Je suis bien consciente que l'album qui a permis au groupe de réellement se faire une place dans le monde de la musique reste l'album « Parklife » dont est issu l'incontournable « Girls and Boys ». Mais curieusement, c'est le suivant qui m'aura le plus séduite, même si ceux qui suivront seront tout aussi excellents, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

Replantons d'abord le décor : nous sommes en 1995, c'est le plein essor de la britpop. Durant cette même année, deux albums marquant l'histoire de cette mouvance musicale voient le jour : « The Great Escape » de Blur et « (What's the Story) Morning Glory » de feu Oasis. A l'époque, les deux groupes se font un peu la guerre pour savoir quel est le meilleur groupe anglais du moment. Malheureusement, l'album d'Oasis (tout aussi bon) connaîtra un plus grand succès et étouffera un peu la sortie de celui de Blur.
Et pourtant, personnellement, même si je dois reconnaître que les frères Gallagher ont alors pondu un superbe album, je porte une petite préférence à celui de Blur.

Cette préférence est essentiellement due à la diversité que nous offrent Damon Albarn et ses acolytes au sein de cet album.
On retrouve évidemment les grandes caractéristiques de la britpop dans des titres tels que « Country House », « Charmless Man » ou « It Could Be you » aux mélodies entraînantes et énergiques. Il s'agit là de titres accrocheurs et plaisants, et c'est d'ailleurs pour cette raison que « Country House » a été l'un des singles de l'album.
Il y a également de superbes ballades beaucoup plus calmes comme le magnifique « Best Days » pour lequel je ne compte plus le nombre de fois où j'ai appuyé sur le bouton « repeat » de ma chaîne hi-fi lors de la sortie de l'opus.
A côté de ça, on retrouve des titres beaucoup plus rock comme « Stereotypes » avec lequel s'ouvre l'album, ou encore « Globe Alone » avec son côté complètement déjanté, nous rappelant un peu les racines punk du groupe.

Mais par-dessus tout, il y a, selon moi, un ovni musical qui se cache dans cet album et qui met vraiment en avant tout le talent dont le groupe fait preuve : « Universal ». Des violons, du piano, des guitares, la voix unique de Damon, le tout s'emballant dans des envolées musicales... Tout y est, ce titre est juste parfait !

Dans le genre inclassable, on trouve également le titre « Ernold Same » au sein duquel plus de la moitié est tout simplement parlée sur un fond musical un brin psychédélique.

Parler de « The Great Escape » sans parler de la chanson « To The End (La Comédie) » en duo avec Françoise Hardy, et reprise de l'album précédent, serait un sacrilège ! Une reprise franco-anglaise où deux univers, à la base si différents, se rencontrent et, curieusement, s'harmonisent parfaitement pendant 5 minutes... Un petit délice pour clôturer toutes les pépites que renferme cet album...

Voilà donc un peu toutes les raisons pour lesquelles « The Great Escape » est un des albums de Blur qui m'a le plus marquée, parce qu'en 16 chansons, ils ont réussi à montrer qu'ils peuvent très bien aller au-delà des clichés de la britpop qui voudraient qu'un groupe fasse continuellement des succès avec la même recette !

Alors, comme tous les fans, je continue à espérer qu'un jour, ils se reformeront vraiment, pas seulement le temps d'un concert par-ci ou d'une nouvelle chanson par-là, mais pour faire un nouvel album et surtout, une nouvelle tournée ! En attendant, je me console en me disant qu'il y a encore un tout petit peu d'espoir pour que cela se produise un jour (sait-on jamais!) et je me replonge dans leurs différents albums...
MusicAndMe

Tuesday, February 21, 2012

Cali à Lille, le 18 février


On a tous une bonne étoile ... La mienne s'est réveillée il y a quelques jours où, comme par miracle, une place pour ce concert quasi sold out m'est tombée du ciel. C'est le coeur empli de joie que j'arrive à Lille pour retrouver les gens du Nord, vous savez, ceux qui ont dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors... Pas de première partie pour cette date, les lumières s'éteignent et Steve Nieve fait son entrée. Il s'installe au piano - seul instrument présent sur scène - et nous joue une magnifique introduction au concert. Cali entre sobrement sur scène pour nous interpréter une chanson du dernier album : "Murano". Malheureusement, quelques problèmes de micro ont un peu perturbé le premier couplet mais l'incident a vite été oublié grâce à l'émotion que peut dégager cette chanson. Et celle-ci continue avec deux petits bijoux du répertoire de l'artiste : "Madame Butterfly" (délaissée lors de la tournée électrique) et "Amour m'a tuer" (sans doute ma préférée, introuvable sur les CD's studio). Il salue ensuite le public lillois qui lui a réservé, tout au long de la soirée, un accueil des plus chaleureux. Celui-ci se lève dès les premières notes de "Je sais ta vie". Les chansons s'enchaînent, alternant les nouvelles et les vieilles vieilles. On est d'ailleurs très heureux de retrouver des chansons qu'on n'avait plus entendues depuis un certain moment comme "Je ne vivrai pas sans toi", "La fin du monde pour dans 10 minutes" ou encore "Il y a une question". Sur cette dernière, le public s'est amusé à réclamer le silence par des "chuuuuuut" avant chaque (mythique) "Approche", preuve de la bonne connaissance des titres plus anciens. "Dolorosa" s'est remaquillée et "Roberta" s'est refait une petite jeunesse. Tout était parfait. Au piano, s'est ajouté l'harmonica pendant la chanson "Lettre au ministre des saccages des familles et des jeunes existences dévastées". Le public était en réelle osmose avec l'artiste que l'on a senti très ému, notamment sur "1000 coeurs debout" où il a repris plusieurs fois le refrain en choeur. En trois mots : soirée frissons, émotions et humour. Des soirées comme on les aime en compagnie d'un artiste entier. Celle-ci se termine par un très beau duo de Cali et Steve Nieve sur une reprise de Lana Del Rey, "Video Games". Les lumières se rallument. Le temps de redescendre un peu sur terre, et Cali vient déjà à la rencontre des personnes qui ont attendu dans la salle. Une façon de remercier ce public qui lui donne tant... Même si c'est plutôt à nous de lui dire un grand MERCI!

UkuTsuna

Wednesday, February 8, 2012

Balimurphy - La déroute


Il y a certains groupes, comme ça, dont on entend souvent parler autour de soi, dont on connaît un ou deux titres, mais vers lesquels on ne se tourne jamais vraiment, sans savoir pourquoi. Tel est le cas avec Balimurphy pour moi.

Il y a quasiment deux ans, je les ai vus partager un titre sur scène avec La Rue Kétanou à l'Ancienne Belgique, "Plus belle sans moi". Je me souviens de m'être dit que c'était vraiment sympa et qu'il fallait que je prenne le temps de creuser leur discographie. Et puis le temps a passé et je ne l'ai jamais pris. Grave erreur de ma part!!! (oui tu as le droit de me huer, vas-y, je t'en prie...). MAIS, j'ai réparé mon erreur depuis quelques petites semaines et encore plus depuis ce matin, lorsque j'ai découvert que le nouvel album "La déroute" était en écoute intégrale sur le site du Soir. J'ai cliqué, j'ai écouté attentivement et... j'en suis tombée raide dingue amoureuse de cet album!
Je suis tellement sous le charme que les mots me manquent pour vous dire tout le bien que j'en pense (et pourtant, je suis plutôt du genre bavarde quand il s'agit de musique, j'vous assure!).

Au sein de cette pépite qu'est "La déroute", on retrouve une écriture subtilement poétique, empreinte de nombreux jeux de mots ("L'homo ça pionce"), bien souvent sombre avec quelques pointes d'humour noir ("Caméléon" - "Millésime"), le tout accompagné de mélodies plutôt guillerettes où le jazz manouche et le pop-folk ont laissé leur marque.

On trouve également des petits trésors qui ne peuvent pas nous laisser indifférents, comme "Les soies précieuses", où est évoquée la nostalgie des souvenirs des premiers amours, ou encore "Lettre à." au sein duquel le groupe bruxellois réussit avec brio à mettre en avant un héritage musical et poétique digne du Grande Jacques.

Etant une grande fan de Police, "Roxanne" a tout de suite attiré mon attention. Même si, selon moi, ces deux chansons ne se ressemblent pas d'un point de vue musical, il semblerait bel et bien que Balimurphy ait écrit ce titre dans la même optique que Sting et ses acolytes (encore un bon point pour eux!).

Pour conclure, je dirais qu'à travers "La déroute", j'ai parfois croisé le chemin des dignes héritiers de Jacques Brel mais aussi de Mano Solo ("Cent planètes" - "La saison des claques"). Et à la fin de cette traversée musicale, je peux dire qu'il s'agit là du genre d'albums qui fait que la chanson française a encore un très bel avenir devant elle!

Alors après tout ça, si vous ne connaissez pas encore le groupe et que vous êtes toujours sceptiques, je ne peux que vous conseiller d'aller vous-mêmes jeter une oreille sur ce petit bijou par ici (merci Le Soir!). Vous ne pourrez que succomber, foi de MusicAndMe!

Et pour info, ils seront en concert au Cirque Royal de Bruxelles le 16 février prochain et aux Trois Baudets à Paris les 11 et 12 mai 2012.
Pour connaître toutes les autres dates, il vous suffit de cliquer .

MusicAndMe

Sunday, February 5, 2012

Les Cowboys Fringants de retour en France !

Mardi soir, je sors du métro Jacques Cartier, le bus n°3 en direction de "St Laurent" me passe sous les yeux. Malgré le froid qui pique en cette fin de journée d'hiver, je descends l'avenue en direction du Liberté. Le froid, Jacques Cartier, Le fleuve St Laurent, tant de points communs qui me rappellent le Québec, d'autant plus que je me dirige vers cet évènement que j'attendais tellement : le concert des Cowboys Fringants. Les mélodies commencent à se bousculer dans ma tête. Des images, des souvenirs, des ami(e)s de là-bas, de la chaleur et de l'émotion aussi. Je suis gonflé à bloc.
Deux ans après les avoir vus à Bruxelles, trois ans après Toulouse, sept ans après deux concerts à la Tulipe de Montréal, mon cinquième rendez-vous avec ces cowboys se fera sur la terre d'origine des premiers colons. C'est un petit clin d’œil, mais encore un beau point commun. Pas loin de Rennes, Monsieur Cartier était parti de Saint-Malo en direction de l'inconnu, en direction de ce qu'allait devenir le Québec, la plus belle province du monde. Encore deux pas et j'approche de la salle avec le précieux ticket dans la poche.

Une pinte et un demi plus tard, les lumières s'éteignent, le public donne de la voix et les membres du groupe rentre sur scène sous les applaudissements. Ils ne sont plus à présenter, beaucoup de gens n'attendaient que ça, les revoir ou enfin les découvrir. Ils ont depuis longtemps conquis le cœur des français, des belges, des suisses.... Mais oui ! je l'ai déjà dit, c'est le meilleur groupe folk-rock du monde (laissez moi exagérer s'il vous plait !!). Ça picote dans la gorge, mes yeux s'humidifient, nous y voilà, les premières notes de "Paris-Montréal" retentissent, c'est parti pour le grand voyage émotionnel.
A ma grande surprise et demi déception, JF Pauzé n'est pas présent sur scène, et son absence me perturbe, je trouve qu'il manque un maillon à l'osmose et au jeu scénique du groupe. Vous voyez le truc, c'est comme si Keith Richards n'était plus un Rolling Stones, comme si Noir Désir revenait sans Bertrand Cantat ou pire, comme si Robert Johnson montait sur scène sans ses doc's marteens. Mais c'est pas pour autant que son remplaçant n'a pas fait le boulot, loin de là.
Bref comme dirait l'autre, ça fait plaisir de voir le reste "historique" du groupe. Karl a mis son plus beau manteau de fourrure, Marie-Annick s'est habillée de son plus rayonnant sourire, Jérôme fait du Jérôme et j'exulte à gorge déployée. Clap clap clap hihaaaaa !

Après "Paris-Montréal", nous avons droit à une autre chanson du dernier album, et pas des moindres puisqu'il s'agit de la délicieuse "Marilou". Et comme ils avaient annoncé un show plus rock, c'est sans surprise qu'on poursuit l'aventure par "La manifestation" scandée en chœur par le public et "La reine" qui, pour moi, est la toute première chanson entendue à la radio à l'époque de mon séjour québécois. Elle aussi est collée à ma peau, mes yeux scintillent et ne perdront pas leurs étincelles quand après "Télé" le groupe interprète "Mon chum Rémi". Aaaaah cette chanson....
Le show continuera jusqu’à l'entracte avec des chansons à danser, à chanter avec "8 secondes", "Ti-cul", "une autre journée qui se lève", "si la vie vous intéresse" en passant par la chanson qui rappelle leur engagement pour des causes écologiques "Plus rien" avec un solo violon de Marie-Annick à vous faire tomber par terre. J'ai bavé tout l'eau de mon corps.
Je me souviens de "Droit devant", cette chanson qui monte en puissance doucement jusqu'à atteindre les étoiles du ciel rennais, des étoiles que l'on retrouvera justement, quand les deux premiers accords te font frissonner tout l'intérieur du corps : "Ça fait qu si à' soir t'as envie de rester / avec moi, la nuit est douce on peut marcher / et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps / j'aimerais ça que tu sois pour un moment... mon étoile filante... lala lalalala lalalala lalalala." Je t'en aurais fait jusqu'au petit matin des lalala !
Je me souviens qu'un ou deux drapeaux ont flotté en réponse à "En berne", que l'on était tous à l’unisson et solidaires sur "Shooters", les chansons plus politique du groupe. Un groupe qui n'hésite pas à faire participer son public comme sur "Tant qu'on aura de l'amour" ou encore "La Catherine". C'était merveilleux, et les superlatifs me manqueront quand on a eu droit à "Joyeux calvaire" car cette chanson annonce toujours "Awikatchikaen". C'est chaud ce show, c'est rock présentement !
Et c'est le cœur un peu triste sur les paroles de "Toune d'automne" pleines de sens que se terminera ce concert "Anyway chu content que tu r'viennes / t'arrives en même temps qu'l'automne / tsé qu'ça m'a fait ben d'la peine / de t'voir partir ma mignonne..." oui, oui, oui ça m'fait ben d'la peine de vous voir (re)partir !

Pour une fois je ne sors pas du concert trempé de sueur de la tête au pied. J'ai encore un peu de voix, et même si j'ai (encore) passé un formidable concert, cette grande salle aura jeté un petit froid polaire sur moi. Non loin de celle-ci, il y a la salle de la Cité qui aurait été idéale. Plus petite, plus chaleureuse, plus authentique à l'image du groupe. L'ambiance du Liberté est bon enfant, mais reste quand même un peu figée. C'est l'inconvénient (ou l'avantage selon) des grandes salles avec un bon nombreux de spectateurs aisés qui viennent juste pour ce faire une petite sortie plutôt que pour participer à une grande fête, la grand-messe quoi !
C'est un regret, tout comme l'absence d'une des âmes du groupe, mais qui ne gâcheront en rien ce cinquième grand rendez-vous. Encore une fois j'ai fermé les yeux sur les "Étoiles Filantes" et je me suis dit qu'elle était vraiment magnifique cette vie là, un peu (beaucoup) grâce à eux.

Merci les Cowboys Fringants pour cette nouvelle bouffée d'oxygène.
A la r'voyure !