Tuesday, April 30, 2013

HUGH LAURIE - Didn't it rain



Quiconque a suivi la carrière d'Hugh Laurie en tant que comédien dans la série Docteur House sait qu'il a un amour profond pour la musique. Et, si vous avez été attentif, vous aurez remarqué qu'il est également un musicien accompli ... en particulier au piano. En 2011 il nous le prouve avec l'excellent Let Them Talk, qui me concernant, est une vraie référence musicale de ces deux dernières années qui viennent de s'écouler.
Alors ok on pourrait dire tout ce qu'on voudra... Ce n'est qu'un interprète, les américains trouvent son accent horrible, certains ont du mal à décrocher leur vie de la télévision... blabla... Mais après tout, la seule vérité c'est que c'est un passionné qui a les moyens de réaliser ses rêves. Justement j'ai bien aimé ce qu'il avait dit à ce sujet: « Tout ce que je pourrai écrire n'arrivera pas à la cheville d'un Lead Belly ou d'un Dr John. Si les gens peuvent redécouvrir ces génies grâce à moi, je serai content» (Le Parisien). 

Aujourd'hui bien assis dans mon fauteuil, le casque sur les oreilles, me voilà propulsé dans les racines de l'histoire musicale américaine, tantôt en Louisiane tantôt dans les entrailles d'un bistrot jazz de la Nouvelle-Orléans. Un voyage au temps de WC Handy à Jelly Roll Morton sur un vol entre jazz et blues avec un soupçon de soul.

L'album commence de la meilleure des manières avec les deux premiers titres St Louis Blues et Junkers blues avant la première belle surprise : la présence de la guatémaltèque Gaby Moreno qui apporte une touche hispano frétillante sur le magnifique titre Kiss of fire. La particularité de ce deuxième album vient avec la présence de plus d'invités que sur le premier opus, Laurie s'éloigne un peu plus du micro et se transforme en véritable chef d'orchestre. Jean McClain chante davantage pour notre plus grand plaisir notamment sur Send me to the electric chair et I Hate a Man Like You et Grammy Taj Mahalcontribue également avec sa puissante voix sur Vicksburg Blues. L'influent Dr John est toujours présent avec la reprise de Wild Honey. Enfin peut-on résister à l'envie de danser ou de claquer des doigts sur Din't it rain ? Après avoir adoré l'album Let Them Talkje m'entendais à la même chose pour ce deuxième album, et bien non pas tout à fait. Ces titres sont les preuves que le jazz n'a pas de frontière.

Mais qu'on se rassure (pour ceux qui ont craqué sur Let Them Talk), Laurie prend toujours le même plaisir à pousser la chansonnette et de bien belles façons. Genre celles qui nous permet de nous enfoncer dans le fauteuil, de fermer doucement les yeux et de balancer légèrement la tête avec un petit sourire en coin de lèvres qu'on ne peut retenir. Je pense à Evenin' mais surtout à Careless Love où rien que le titre évoque quelque chose de sensuellement beau. Pareil pour One for my baby et Changes qui se termine dans un intense final à l'allure de grande fête sur les bords du Mississippi. Je vous l'ai dit, c'est un voyage et c'est un régal !

L'édition limitée de l'album offre deux titres connus du grand public. D'abord le grand classique Unchain My Heart de Bobby Sharp et Yeh Yeh enregistré en live. Pour le premier morceau, l'écoute est très agréable comme l'était la reprise par Ray Charles, et pour le deuxième il y a surtout une envie qui se détache de tout, celle de voir l'acteur qui brille désormais en tant que chanteur sur scène. L'opération séduction a tapé dans le vif.


Avant qu'il ne débarque, je me souviens que je me baladais avec ma liste dans les allées des brocantes et des disquaires à la recherche d'albums de John Coltrane, Nina Simone, Luther Allison, John Hammond, Robert Johnson, John Lee Hooker, B.B King, Chuk Berry... et voilà que deux opus plus tard, grâce à Laurie ma liste s'est aujourd'hui agrandie. C'est parfois dangereux d'être trop éclectique, mais c'est tellement bon de ne cesser de découvrir et nous pouvons que remercier Hugh Lauriede nous donner ce moyen, et en plus il le fait avec perfection.

Sunday, April 21, 2013

MANU - La dernière étoile


Manu est de retour avec un deuxième album studio La dernière étoile.
Ce prénom ne vous dit rien ? Et pourtant vous connaissez forcément. Voici l'ex-chanteuse du groupe culte Dolly qui fait son grand retour dans le paysage musical après la triste fin du groupe en 2005. Après deux années d'écriture, la chanteuse avait sorti en 2008 son premier album solo Rendez-vous écoulé à 10 000 exemplaires. Et le rendez-vous aujourd'hui est pour La dernière étoile.

Musicalement, l'album commence par un morceau très envoûtant Oh ! dear ! une introduction instrumentale idéale pour captiver mon attention. Je ne pourrais décrire le moment, c'est quelque chose de très féérique, un appel lointain et mystérieux qui s'enchaine avec J'attends l'heure où Manu de sa voix tire la mélodie vers le haut.. En plus d'un joli timbre vocal, les mélodies sont soignées, les textes appliqués et le tout nous offrent une recette pop-folk séduisante, rien ne semble être laissé au hasard.

Cette ambiance mélancolique mais quand même enthousiaste continue tout le long de l'album. Tout ce qui compte pour moi, c'est les sensations qu'un disque me procure. Est-ce suffisant ? A chacun de faire son propre jugement.


La voix de Manu est intime, j'ai parfois l'impression qu'elle me susurre des mots à l'oreille, alors j'écoute et je traverse son univers que je découvre avec une admiration délicate et rassurante. Je suis bien. Après une belle entrée avec les deux premiers morceaux, la belle évasion continue avec Que fais-tu ? et La routine qui offrent une rythmique folk teintée de country qui s'impose avec brio. Elle balance les cœurs dans une ambiance particulièrement rock indé sur le premier titre phare de l'album La première étoile ou de façon plus énergique avec J'oublie et A la légère qui rappelle un chouilla les belles heures de Dolly où du moins le rock des années 90. Après une succession de très bons titres qui s'accordent entre eux sans fioritures, on atteint logiquement Le paradis. Un morceau pur, doux comme de la soie qui pourrait résumer à lui seul la beauté de cet opus angélique.

Tracklist :
Oh ! Dear !
J'attends l'heure
Que fais-tu ?
La routine
La dernière étoile
J'oublie
A toute vitesse
A la légère
Talk (about)
Je pars avant
Le paradis

Elle est peut-être la dernière mais elle brille beaucoup cette étoile je trouve. En résumé Manu c'est comme une jolie petite fleur qui vient avec le printemps pour notre plus grand plaisir, et je vous invite à l'écouter si vous cherchez un moyen de mettre un peu de soleil dans vos enceintes !

Pablito



Thursday, April 18, 2013

DAVID BOWIE - The Next Day



Le nouvel album de David Bowie The Next Day, sorti une décennie après son précédent album studio Reality, est le premier à être publié après ses problèmes de santé en 2004. Beaucoup de fans avaient conclu que Bowie avait décidé de se retirer avec élégance, nous laissant avec un des héritages musicaux les plus créatifs qu'il soit. C'était une consolation envisageable.
Comme beaucoup de gens de ma génération (et surtout de celle d'avant), Bowie a d'abord bercé mon adolescence. Partageant mes doutes et mes fantasmes, je suis devenu accro à cet inclassable artiste. Donc, étant un fan de longue date, il est normal de poser une oreille sur ce nouvel album. Un peu en retard puisque l'album est sorti début mars 2013, mais il me fallait bien tout ce temps pour faire monter un peu d'adrénaline et l'apprécier comme un chien fou. Je risque d'être bien grossier si j'exprime la joie que j'ai pu ressentir lors des minutes avant la première écoute.

Après des tubes énormissimes comme Changes, Life On Mars, Starman, Rebel Rebel, Let's Dance, Aladdin Sane, Ziggy Stardust, Heroes et bien entendu Space Oddity que pouvons nous attendre de plus ? De mieux ? Pouvait-il faire mieux d'ailleurs ? Ce qui est sûr, et après avoir écouté cet album, David Bowie ne revient pas par acte de nostalgie, comme un ancien combattant, raconter ses exploits passés ou simplement pour faire comme tous les vieux artistes qui reviennent pour pas être oubliés. The Next Day n'est pas un voyage dans le passé et s'inscrit dans l'air du temps. Après n'avoir entendu l'album "que'' quelques fois, je m'abstiendrais de faire un éloge trop expressif et de crier que c'est un chef-d’œuvre, mais il n'en est pas loin. Le temps me le dira. De toute manière, une fois que les quatorze pistes ont été écoutées, si je remets l'album en route pour l'écouter une énième fois d'affilée, c'est un signe qui ne trompe pas.

L'album commence avec The Next Day un morceau lyriquement assez sombre et musicalement très énergique... "Here I am not quit dying, My body left to rot in a hollow tree, its branches throwing shadows on the gallows for me - Ici, je ne suis pas tout à fait en train de mourir, mon corps se laisse pourrir dans un arbre creux, ses branches jetant des ombres sur ma potence"... en fait c'est très sombre. 
Dirty Boys, le deuxième morceau, l'est un peu moins, mais reste dans la même lignée. C'est lourd, sombre, mais tellement bon. A coup de riffs et de saxo bondissant, c'est rock, plutôt réussi et efficace. Même si à l'oreille, la voix a logiquement changé, l'énergie et l'univers de Bowie n'ont pas pris une ride. Il a gardé son allure de toujours, cette classe qui l'élève au rang de ces légendaires chanteurs.
The Stars (Are Out Tonight) a le potentiel pour rejoindre les grands cultes de la longue carrière du chanteur. Le morceau frais, optimiste et très contemporain ressemble pourtant a quelque chose de déjà entendu. Sans aucun doute il y a le coup de pinceau de l'artiste, ce qui rend le contraste du morceau encore plus beau. (You Will) Set The World On Fire serait également un concurrent pour être l'un des meilleurs morceaux de l'album. Toujours avec cette rage à coups de riffs de guitare et une touche folk 60's dans l'interprétation qui rend le morceau appétissant. Tout comme Where Are We Now le premier morceau entendu dès janvier 2013. Une chanson avec une sonorité douce, une ballade triste mais pas que... une performance intime et touchante tout comme Valentine's Day... En fait je ne saurais dire quel est le meilleur morceau de l'album... Dans Valentine's Day, l'intensité est immense lorsque la chanson atteint son apogée à la fin quand la guitare et la voix s’entrelace comme jamais. Un cœur sensible ne peut que frétiller et n'importe quel couple d'amoureux ne faire qu'un sur un slow brûlant.
D'autres titres me procurent d'excellentes sensations.
Je songe à Love Is Lost : "Dites adieu aux sensations fortes de la vie où l'amour était bon, dites adieu à la vie sans douleur..." avec toujours des paroles obscures, du moins celles que j'ai réussi à traduire.
J'aimerais aussi me retrouver en plein concert pour danser et reprendre en chœur le "Ya Ya Ya Ya" de How Does The Grass Grow ? 
J'apprécie particulièrement le coté rauque et frénétique de If You Can See Me,un morceau à écouter à volume maximum et le côté funky de Boss Of Me qui prouve que l'artiste n'hésite jamais a se tourner vers différents styles et à bien les maîtriser. La preuve, il peut enchaîner avec You Feel So Lonely You Could Die dans une ambiance feutrée-rock années 50/60 à la Presley...
Enfin l'album se termine avec Heat. Un morceau synthétisé et sous tension qui me rappelle l'étrange envoûtement de Space Oddity. Pour une belle fin, c'est une belle fin.


David Bowie est bel et bien de retour et franchement il n'a pas fini de nous surprendre, mais bon c'est bien de Bowie qu'on parle... Après avoir écrit cette chronique je suis encore plus excité par ce grand retour, me voilà pris en flagrant délice et le fait d'écrire quelques mots sur The Next Day me donne envie de l'entendre à nouveau. Alors je vous laisse là, j'ai un album à mettre dans la chaine HiFi...après je mets le casque sur les oreilles et je décolle.


Pablito

Wednesday, April 10, 2013

The Probs, Gush et Puggy au Festival Chorus - 08-04-13


Le Festival Chorus, tu connais? Non? Laisse-moi te le présenter en quelques mots. C'est un festival qui se passe dans tous les Hauts-De-Seine avec la programmation de nombreux artistes dans les salles municipales d'un certain nombre de villes du département. Le point central de ce festival se situe sur le parvis de l'esplanade de la Défense au Magic Mirror. Cette année, le festival fête ses 25 ans et pourtant il n'est pas très connu. Pour preuve, l'an dernier j'y avais vu Charlie Winston dans une salle pas totalement remplie et cette année, j'y vais pour voir Puggy, entre autres, et la soirée n'est pas complète non plus. Alors que ce sont des artistes qui savent remplir les salles à les faire déborder! 
Mais revenons-en à la soirée de lundi. Elle mettait sous les projecteurs The Probs, Gush et Puggy. 


C'est le groupe The Probs qui a ouvre le bal. On nous les a présentés en nous disant que c'était une de leurs premières scènes, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Je les trouve très à l'aise sur scène. Le chanteur communique beaucoup avec le public et nous fait participer très rapidement. Sur les premiers titres, la voix du chanteur me fait penser à celle de Simon Buret d'AaRON, mais au fil des titres, cette ressemblance s'estompe. Leur musique est plutôt pop-rock. Les titres joués sont entraînant et permettent de danser. Le chanteur est une vraie pile électrique, il saute et bouge dans tous les sens. En pleine chanson, il porte le guitariste sur ses épaules pendant quelques instants. Facile, moi aussi je serais capable de jouer de la guitare en étant porté par quelqu'un... Oui bon d'accord, vous m'avez démasquée, j'en serais incapable!!! Le groupe réussit à bien chauffer le public, qui semble ravi de cette première prestation. Quant aux cinq garçons qui sont devant nous sur scène, ils ont l'air de profiter de l'instant présent et de prendre leur pied sur scène et ça fait plaisir à voir. J'espère pouvoir les revoir rapidement. 



C'est ensuite au tour de Gush d'investir la scène pour conquérir de public. Exit les deux guitares et la basse des précédents concerts. Il ne reste sur scène qu'une guitare, la traditionnelle batterie et le clavier. Sont apparus des "tables électro" ou de mix qui fleurissent un peu partout en ce moment. Vincent est toujours posté derrière sa batterie. Yan, Xavier et Mathieu ont gardé la bonne habitude de passer d'un poste à l'autre, de s'échanger les instruments. Ils commencent par "No way", qui permet d'entrer dans le vif du sujet et enchaînent avec "Vondelpark". Vient ensuite la première inédite de la soirée, "Siblings". Ils alternent les titres du premier album et les nouvelles chansons. 
Les anciens titres ont subi un relooking. La nouvelle version de "Big Wheel" ne m'a pas totalement conquise. En revanche, je suis vraiment tombée sous le charme de "P-Nis" version 2013 avec une intro à la guitare qui remplace celle au piano, le tout dans une version plus rock. 
Les quatre garçons nous ont offert un set très coloré à l'électro et je dois avouer que j'ai été assez frustrée de les voir majoritairement derrière leur console, ce qui permet moins d'échange avec le public. J'aurais voulu les voir bouger et sauter partout avec leur instrument et occuper davantage la scène.
Je suis assez mitigée à la fin du set car il manque cet échange qui était plus présent avant. (mais peut-être est-ce dû au fait que le temps est compté et qu'ils doivent enchaîner rapidement). Cependant, j'étais quand même  très heureuse de les revoir sur scène et je retournerai les voir dès que l'occasion se présentera. Et l'occasion devrait bientôt se présenter car, d'après ce qu'ils nous ont dit hier entre deux morceaux, leur deuxième opus devrait sortir autour du mois de septembre. 



La soirée a pris un peu de retard et c'est ensuite au tour du groupe, attendu par la majorité des gens présents de prendre place sur scène, j'ai nommé Puggy (oui oui encore eux, désolée), dont l'album sortait en France le jour même. Les trois garçons, enfin quatre depuis qu'ils ont été rejoints par John Je-Ne-Sais-Plus-Son-Nom en musicien additionnel sur certains titres, sont très attendus. Le concert commence à 22h30 et je me dis que comme c'est un festival, leur set sera raccourci à 1h, mais pas du tout, il n'y a qu'un titre de moins que sur la set list de Lille où j'étais samedi dernier. Je choisis donc de ne pas penser à l'heure de fin du concert, ni aux derniers moyens de transport qui pourraient me passer sous le nez pour profiter un maximum. 
Sur scène, ils réussissent à trouver un bon équilibre entre les anciens titres et les titres du nouvel album (que je commence déjà à bien connaître). Les nouveaux morceaux, que je n'ai pas encore écoutés en version studio, rendent extrêmement bien sur scène et donnent envie d'écouter To Win The World, ce nouvel opus. (que j'ai, au passage, écouté depuis et qui est effectivement excellent et dont on vous  a parlé entre-temps ICI  ).
Je pense que certaines chansons ont été pensées pour faire participer le public comme "Last Day On Earth (something small)", que j'avais déjà adorée au Trianon, ou encore "Love That Feeling". D'autres sont plus dans l'émotion et on prend beaucoup de plaisir à les écouter, je pense notamment à "Everyone learns to forget", qui commence tout doucement avant une cassure au milieu du morceau et une fin plus puissante, ou à  l'excellente "Ready or not"
Au milieu de toutes ces nouvelles pépites, on retrouve les classiques qui fonctionnent à chaque fois, comme "When You know" durant laquelle Matthew nous fait chanter comme dans une chorale, ou "How I needed you" qui remporte toujours autant de succès. 
Sur scène, je trouve qu'ils s'améliorent de concert en concert. Malgré sa place derrière la batterie, Ziggy est toujours à l'affût du moindre regard dans le public. Et je ne sais pas si c'est le cas, ou si je n'avais pas fait attention avant, mais je trouve que Romain s'est beaucoup épanoui sur scène. Il échange davantage avec le public, joue avec ce dernier et il a l'air d'y prendre du plaisir. 
Le concert s'achève sur "Something you might like" devant un public remonté à bloc!
Cette tournée s'annonce excellente et je suis impatiente de refaire d'autres dates!


La soirée se termine donc en apothéose. Et c'est avec plein d'étoiles dans les yeux que j'ai couru attraper mon dernier train et mon dernier métro! 

Lo'birds

Puggy - To Win The World

 
Bon ce n'est plus un secret pour personne depuis le début de l'existence de ce blog, Puggy, ce sont mes chouchous, le groupe dont je ne me lasse pas et pour lequel je ne compte plus le nombre de concerts auxquels j'ai déjà assisté.
Alors évidemment, je ne pouvais pas ne pas dire un petit mot sur leur nouvel album "To Win The World", sorti vendredi dernier en Belgique et lundi en France.

Attardons-nous tout d'abord quelque peu sur la pochette de l'album. Pour être honnête, je ne suis pas une grande fan de la couleur rouge à la base, donc évidemment, le choix du boîtier et de la jaquette ne m'ont pas enthousiasmée plus que ça. Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas, tout le monde le sait. Et puis ce qu'on leur demande avant-tout, c'est bien de faire de la musique et non du graphisme. Donc, passons outre cette pochette et allons donc jeter une oreille sur ce qu'il y a à l'intérieur...

Les deux singles qui en sont issus, "To Win The World" et "Last Day On Earth", nous avaient déjà donné une idée sur la tournure qu'allait prendre ce nouvel album, une tournure résolument plus pop mais sans pour autant oublier l'empreinte musicale du groupe.


Avec ce nouvel opus, Puggy ne fait que confirmer ce qu'ils nous avaient déjà montré avec leurs deux premiers albums. Ils sont doués pour nous offrir, tantôt des titres légers et scintillants, "Give Us What We Want", "Goes Like This" ou "Love That Feeling", durant lesquels on a très rapidement envie de taper du pied et pour lesquels il n'est pas difficile d'imaginer l'échange musclé et plaisant qu'il y aura entre le groupe et son public durant les concerts; et tantôt des titres plus calmes et mélodieux, "Everyone Learns To Forget", terriblement bien construit,  avec une introduction pouvant nous rappeler l'introduction de la version live de "Not a Thing Left Alone" et une montée en puissance digne de leur incontournable "How I Needed You", ou "I'm Happy" avec lequel se clôture l'album.

A côté de ça, j'ai quand même quelques coups de coeur dont je ne peux pas ne pas vous parler. "Someone Makes No Sound", tout d'abord, pour lequel je suis tombée sous le charme des voix chantées à différentes tierces mais qui s'harmonisent divinement. Et puis comment parler de "To Win The World" sans parler du monstrueux "Ready or Not" dont la mélodie, la construction, les paroles et les arrangements sont tout simplement parfaits? Si vous ne me croyez pas, allez vite écouter ce petit bijou, vous comprendrez alors le pourquoi du comment de mon coup de foudre pour ce titre!
Quant à "Stop Me", là, curieusement, ce titre me fait terriblement penser à la reprise arrangée que le groupe a faite de System Of A Down, "Toxicity", sur la tournée précédente. Suis-je la seule à faire ce rapprochement ou s'agit-il là d'une des influences du groupe?



Pour terminer, je dirais qu'avec "To Win The World", Puggy nous offre un ensemble de titres résolument pop qui prendront encore plus de profondeur et de puissance lorsque le groupe les défendra en live. Et je me ferai un plaisir de me joindre au reste du public pour crier, chanter et danser durant les concerts à venir!

MusicAndMe

Friday, April 5, 2013

RODRIGUE - L'entre-mondes Live


Dans un dictionnaire qui n'existe pas, la définition de l'entre-mondes serait une brèche vers la folie, une lueur d'espoir et d'amour au bout d'un tunnel. 
Silhouette longiligne, pantalon patte-d'eph', veste rayée, les yeux perdus dans l'obscurité, Rodrigue sort de l'ombre autour d'une bougie et lance de sa voix si particulière la première chanson de ce spectacle fantastique qui va durer près de deux heures. L'aventure -que dis-je- l'expérience peut commencer.
Chapeau haut-de-forme, robes majestueuses provenant d'une autre époque, lustre gothique au plafond, le décor de ce concert-théâtrale va vous entraîner sans résistance dans un univers à la fois intriguant, passionnant et grandiose. C'est que le jeune artiste lillois voit grand, très grand. Un spectacle à la hauteur de son talent, c'est indéniable. Mais est-ce juste de la musique ? Je n'en suis pas si sûr...

Me voilà rendu au 19ième siècle, enfin je crois. Non je ne sais pas vraiment où je suis. Ici, là-bas, ailleurs, Rodrigue me perturbe, je lutte contre les interrogations de l’espace-temps de ma place dans le spectacle et je finis par me rendre compte que je suis vraiment dans un entre-mondes. Je ne suis pas qu'un simple spectateur. A travers ses chansons, Rodrigue nous invite à franchir le pas pour quitter la réalité, et nous rendre dans un univers mi-ange, mi-démon qui ne peut exister que si chacun met à profit son imagination.

Fabuliste littéraire et fantaisiste, le troubadour chante haut et fort que les héros qui hantaient nos vies d'enfants ne sont pas morts une fois passée l'adolescence.Et comme rompre avec la réalité est une nécessité, on se laisse facilement emporter, à danser au square Morrison en attendant avec joie que les beaux jours reviennent. En totale roue libre, nous nous laissons guidés par ce joyeux chapelier fou de notre monde imaginaire.


Les bal des sorcières, Le Vivoir, Macabre, Le Château des Sélénites... il nous retourne le cerveau et ce n'est vraiment pas déplaisant. Grunge & intelligente ? Oui le contraste nourrit la passion, et dans une rage décalée, Rodrigue y met tout son cœur. Peut-être depuis le jour où il est devenu fou. Et quand arrive l'indien qui annonce la fin du spectacle, on s'accroche à ces poussières de rêves qu'il nous a offerts durant deux heures. Un voyage sans égal, où nos peurs et nos regrets n'étaient que des cadavres que l'on avait laissés au vestiaire du théâtre de Denain.

Alors bien sûr qu'il y a d'autres artistes qui savent jouer avec les mots et ont le sens de la formule. Mais j'ose penser que Rodrigue est seul dans son style. Ne nous prenons donc pas la tête à le cataloguer "nouvelle scène française" ou un truc dans le genre, il est probablement inclassable. Qui mieux que lui peut offrir un tel concert ? Un refuge pour les rêveurs d’évasions et les âmes torturées... Oh oui nous avons tant à donner... Merci Rodrigue...


Pablito 


Tout savoir sur Rodrigue : 
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