Monday, April 30, 2012

Berry - Les passagers



En 2008, Berry m'avait séduite avec son titre « Le bonheur », extrait de l'album « Mademoiselle », album qui s'annonçait très prometteur.
Quatre années plus tard, la Demoiselle s'est transformée en Belle Dame et nous revient avec un nouveau bébé « Les passagers ». Un album voluptueux, mélancolique, tissé entre dentelles soyeuses et cotonnées, un petit bijou qui invite au voyage au pays des souvenirs heureux ou malheureux...

Le titre tout d'abord, « Les passagers ». On apprend qu'il s'agit là d'un clin d’œil à l'incontournable titre « The passenger » d'Iggy Pop. Mais il n'y a pas que cela ! Après avoir écouté cet opus à plusieurs reprises, je me suis laissée embarquer dans un univers teinté de douceur feutrée, telle une passagère au sein de la compagnie aérienne « Berry ». Et puis, au fil de l'album, la Dame nous rappelle également que nous ne sommes que de passage sur terre et que « nous sommes des fugitifs, nos bonheurs sont furtifs » (« Les passagers », écrit par Daniel Darc, tout comme « Claquer dans les doigts »).

Plongeons-nous, à présent, dans l'album en lui-même.

Ce dernier s'ouvre avec le titre « Si souvent » au sein duquel Berry aborde les divers mots (maux) d'amour sans y croire. Le ton est donné, l'album sera sous le signe de la mélancolie doucereuse. Vient ensuite « Les passagers », dont je vous ai déjà parlé et qui, par son intro musicale, me rappelle effectivement quelque peu le titre d'Iggy Pop.

« Ne le dis plus », au sein duquel la douce voix susurrée de Berry est mise en avant et où les mots résonnent comme un adieu, me fait indéfectiblement penser à certains titres de Jane Birkin écrits par Gainsbourg. Quant au titre « Brune », c'est l'univers 60's de B.B. et de Serge qui résonnent alors, selon moi.

« Mais quand tu es parti, je n'avais sous la main qu'un petit mouchoir gris. Pour un si grand chagrin, le petit mouchoir gris, ça n'a pas suffi ». Avec son titre « Les mouchoirs blancs » délicieusement mélancolique une fois de plus, Berry se montre alors plutôt la digne héritière de Françoise Hardy.

Quant au premier single, « Si c'est la vie », il tombe à point nommé et résume assez bien l'ambiance qui se dégage de l'ensemble de cet album. Un brin de légèreté dans la mélodie, des paroles trompeusement mièvres et la tendre voix de Berry. Voilà la recette parfaite pour faire de ce single un succès, comme on a déjà pu s'en rendre compte lors des diffusions en radio !


La grande surprise de l'album vient avec le titre « Like a River » où l'artiste s'essaie à chanter en anglais et réussit plutôt brillamment l'exercice !

Vous vous souvenez de son premier succès « Le bonheur » avec sa mélodie douce et légère au piano ? Hé bien, je dirais que le titre « Ce matin » s'inscrit dans la même lignée avec une pointe d'espoir mêlé à la crainte de ne pouvoir figer de tels petits instants de bonheur. Un délice à écouter sans faim ni fin !

« Claquer dans les doigts »arrive alors, sans prévenir ni crier gare, pour nous parler des regrets. « Je n'aurais pas dû... », que celui ou celle, dans l'assemblée, qui n'a jamais prononcé de telles paroles se lève et le crie haut et fort ! Alors ? Personne ? C'est bien ce qu'il me semblait, nous sommes tous pareils, chers amis ! Et Daniel Darc, auteur des paroles de cette chanson, a parfaitement compris l'imperfection de l'être humain qui l'amène parfois (souvent) à faire des choix qu'il finira par regretter...

Au sein de « For Ever », Berry parle de la beauté de l'amour, des jours heureux et s'interroge sur la durée de ceux-ci. Petit clin d'oeil à son premier succès « It looks like le bonheur, fuck tout ce que j'en avais dit », sans pudeur, la dame ne mâche pas ses mots, et c'est aussi pour cela qu'on l'aime.

« Puisqu'il faudra partir léger, puisqu'il faudra partir tout seul... », bien que cela puisse sembler pessimiste, Berry réussit à nouveau à voguer entre mélancolie, nostalgie et touche d'espoir avec le titre « Partir léger ». « Tu sais, j'ai tant aimé t'aimer... ».

L'album se termine avec « Voir du pays » qui, avec ses airs de bossa nova et comme son nom l'indique, est un véritable appel au voyage. Choix judicieux que de clôturer l'opus avec un tel titre puisqu'il résume assez bien ce que je vous disais en début d'article quant à l'invitation à l'évasion...

En résumé, c'est avec naturel et sans chichis que Berry nous offre un album parfaitement ficelé et réussit à nous amener en douceur et avec légèreté à réfléchir sur les tracas du quotidien. Et j'avoue que je me suis volontiers laissée embarquer. Donc pourquoi pas vous ?

MusicAndMe

Sunday, April 29, 2012

ARNO - BRUSSLD

Les amoureux de la Belgique et principalement de Bruxelles savent qui est Arno et ce qu'il peut représenter. Le chanteur ostendais d'origine mais bruxellois d'adoption, celui qui a dû faire frissonner plus d'un parmi nous avec son titre "Dans les yeux de ma mère" chanté sur un plateau télé. C'est comme ça que je l'ai découvert, c'était bouleversant, et bien qu'ayant un gros faible pour les chanteurs avec ce genre de voix rocailleuses, je n'avais jamais pris le temps de me plonger entièrement dans son univers. Pour des raisons belges que je ne citerai pas, j'ai voulu franchir le pas. Bien assis confortablement dans le fauteuil, le casque sur les oreilles, une bière à la main, je suis allé à la rencontre du chanteur avec son dernier album BRUSSLD.

Quarante-cinq minutes plus tard je suis resté assis un long moment dans un silence religieux. Ce sentiment qui vous empare lorsque quelque chose d'inouï et de formidablement agréable mais dont on arrive jamais à trouver de nom, ne m'a pas lâché. Il a traversé mon corps de la tête aux pieds comme une injection de bonheur, mais un bonheur pas si rose que ça... avec des tâches noires partout, beaucoup de lourdeur, mais, même si ce n'est pas forcément réjouissant, il y a quand même une part rassurante qui se dégage chez le rockeur du plat pays.

J'ai repris mes esprits, et j'ai remis une couche.
Le premier morceau de l'album "Black dog day" aux accents rock des années 80 transpire les salles obscures des cafés-concerts miteux qui peuvent peut-être paraître laid aux yeux de certains, mais dont on y fait parfois les meilleurs shows du genre. Arno se montre, d'entrée de jeu, généreux et trépignant jusqu'à devenir, d'un coup, complètement attachant et perturbant sur "Quelqu'un a touché ma femme". Deux chansons à peine que déjà deux facettes opposées, l'artiste ne se prend pas au sérieux et reste le plus sincère possible. Et c'est un peu pour ça qu'il est si attachant, surtout lorsqu'il chante ce genre de chanson fragile dont lui seul semble avoir le pouvoir de faire trembler les mots de cette façon. Bon sang! Comment fait-il pour véhiculer une aussi forte émotion à travers une chanson ?

"Mademoiselle" est le morceau qui me fait physiquement le plus d'effet. Musicalement il me fait tellement trembler les tripes que j'hésite à me sentir mal à l'aise ou proche d'un plaisir intense. Ou les deux à la fois. Puis la voix collée par-dessus, je ne vous raconte pas... vous comprenez que c'est le good trip musical par excellence. Ouais c'est ça ! C'est frétillant.
"Elle pense quand elle danse" sonne entre la douce fièvre d'un "Dans les yeux de ma mère" et d'un hommage, comme la reprise "Les Filles Du Bord Du Mer" d'Adamo. Même en cherchant le microscopique défaut, on ne peut qu’adhérer. Surtout que derrière, vient "Get up, stand up" de Bob Marley... Non ne criez pas, écoutez d'abord ou ne lisez pas les mots que je vais dire, je pourrais choquer plus d'un fan de l'icône jamaïcaine. Car, en toute honnêteté, bien qu'appréciant l'originale en reggae, je préfère de loin cette version piano-bar chantée par un crooner à l'alcool désabusé.

Après quelques aller-retours dans la capitale belge pour le plaisir et la musique (Bruxelles a le meilleur public du monde !), après y avoir parcouru ses rues, bu dans ses bars, transpiré dans ses concerts... "Brussels" me résonne maintenant dans la tête comme une évidente hymne pour la capitale européenne. Le reflet de tout ce qui se fait de mieux et de pire dans cette ville cosmopolite, avec sa grisaille, avec son soleil. "Petit pays avec un grand esprit"... Dans BRUSSLD on y retrouve également des titres avec un bon son rock incisif et efficace comme "God save the kiss" ou encore "How are you". Enfin "Pop star" morceau impulsif à l'allure funk dont l'harmonica est très entrainant et "Ginger red" dans un style blues-jazz prouve que le panel de l'artiste est très large. "Ça monte" conclut un album qui nous met tous d'accord sur un point : notre ami belge est au sommet de son art.

Cet album est une réussite ? Le superlatif est franchement tout petit... Cet album est puissant ? Mouais c'est encore léger... Cet album est une référence ? Bof, ça sonne trop religieux... Bon je ne trouve pas mais quoiqu'il en soit, cet album aurait eu des titres moins travaillés, moins convaincants cela n'aurait peut-être rien changé car la provocante énergie et la gouaille magnifique d'Arno auraient fini par sublimer ces morceaux. C'est ainsi que l'on reconnaît les grands artistes... donc forcément avec des morceaux à la hauteur du chanteur, on ne peut qu'applaudir pendant des heures.

Pablito

Saturday, April 28, 2012

GiedRé à Rennes - 26 avril 2012

C'est dans la petite salle chaleureuse de l'UBU à Rennes que l'expérience s'est déroulée. Ne connaissant pas GiedRé et ne voulant pas tomber naïvement dans le buzz qui déferle depuis quelques mois sur les réseaux sociaux à son sujet, j'ai voulu vivre autre chose de palpitant. Vu qu'on en parlait beaucoup, je suis tout de même aller jeter un coup d’œil sur ses œuvres photographiques (si si on peut le dire ainsi) et lu ses commentaires en tout genre. J'ai du admettre très vite que son univers complètement détraqué me plaisait beaucoup. Alors j'ai décidé d'aller la voir en vrai de vrai pour découvrir son univers musical et poétique sur scène. Là où la vérité ne ment jamais. Peut-être pour mieux apprécier notre première fois, elle devant moi, moi dans son public, c'est charmant ! Bref sans trop savoir où je mettais les pieds, j'avais quand même ma petite idée derrière la tête et j'espérais vraiment avoir un bon coup de cœur.

Comble de la soirée, ce n'est pas un mais deux coups de cœur auxquels j'ai eu droit.
La première partie est assurée par Les malpolis. Surprise générale et rires sont au rendez-vous. Le duo de guitaristes toulousains reprennent dans un humour bien croustillant l'actualité de notre quotidien. Par moment des influences me viennent à l'esprit : Georges Brassens, Pierre Perret et même Renaud doivent bien les avoir guidés sur quelques chemins. Ca me rappelle également Las Patatas Espantadas ou encore les Jambons pour les connaisseurs. Sur scène, c'est vraiment appréciable, mais après avoir écouté en version studio, je pense rester fidèle à la version "acoustique" en concert. S'ils repassent dans le coin, les amis, n'hésitons pas ! (sauf à Nice malheureusement...)

Place à GiedRé qui monte toute timide sur scène.
« -Pour ceux qui ne me connaissent pas, je fais des chansons pour enfants. Heu plutôt pour enfants sourds. Il y a des enfants sourds dans la salle ? »

On dirait une petite princesse sortie tout droit d'un conte de fée, peut-être pas pour les petits enfants parce que certains éléments du décors qui l'entourent, nous font penser qu'un concert en école maternelle ne ferait, par la suite, que rendre les programmes d'éducation sexuelle au collège inutiles. « -les poupées gonflables c'est pour vous, surtout les moches qui sont trop moches pour pouvoir faire l’amour ». Ses yeux pétillants et son joli minois apaisent l'atmosphère de la salle jusqu'aux premières rimes de la première chanson, "La belle au bois dormant", qui vont très vite nous faire perdre l'équilibre. L'alliance des opposés coule de source et c'est entre admiration et stupéfaction que je navigue, ça tangue mais quelle agréable sensation ! Je suis déjà conquis.
Au milieu de tant de douceur, plus les paroles sont hard et plus c'est bon. Plus le public en redemande et plus GiedRé se montre généreuse, c'est délicieux comme tout.
Scatophilie, "On fait tous caca", sociologie "Pisser debout", "l'amour en prison", "Ode à la contraception", intimité sexuelle et personnelle "Quand tu dors", "l'amour à l'envers", la prostitution, les handicapés, les tueurs d'enfants "Les petits enfants", l'amitié "La bande à Jacky", tout y passe. Il y a même des petites histoires touchantes à bien les écouter et les comprendre, comme "La petite camionnette", "Henriette"... Comme quoi, même si on peut la cataloguer de chanteuse loufoque, GiedRé ne dit pas que des sottises, il suffit d'écouter attentivement "Les questions" et on s’aperçoit qu'effectivement c'est rigolo mais super sérieux tout de même, enfin faut savoir creuser ses méninges, hein que oui ? Est-ce que les manchots ont des réductions quand ils n’achètent qu’un seul gant ? C'est une terrible bonne question !

En somme je ne l'ai trouvée nullement insolente. Avec une bonne logique et une certaine subtilité, elle devient une conteuse pour les grands enfants que nous sommes et qui avons besoin de mots simples et compréhensibles pour casser les préjugés et s'éloigner des idées reçues avec un peu de fraicheur. C'est une Didier Super à la différence que lui ressemble à ce qu'il chante et ça c'est moins glamour. Notre nouvelle "Dorothée sous acide" chante tout haut ce qu'on a honte de murmurer tout bas, alors par devant par derrière comme elle veut, on adhère !!!

Une écriture parfaitement maîtrisée, un jeu de scène admirable, un charme à croquer, un univers décalé, tant d'éléments explosifs... GiedRé c'est violent et abominable par moment, mais tellement vrai et c'est ça qui est bon !

Pablito

le joli site de GiedRé
le site des malpolis

Friday, April 20, 2012

LA ROULETTE RUSTRE - Un peu d'air

Ça vous dit de prendre un peu l'air ? Oui ? Alors embarquez avec la Roulette Rustre, attachez vos ceintures et profitez-bien du voyage. La Roulette Rustre c'est deux vraies sœurs et deux faux frères. C'est vingt-deux instruments, de la poésie universelle, et une orientation musicale sans limite. Rock, électro, cuivré ou ethnique, le groupe voyage partout !
La première chanson de l'album : Nomad's land (berderol) est le résumé de tout ce qui vient d'être écrit quelques lignes plus haut. Un concentré de tout ceci en quatre minutes vingt-et-une dans un électro-rock lyrique pas mal envoûtant. Une introduction idéale pour mieux comprendre ce qui nous attend pour la suite. La suite ? On change de cap un peu sur toutes les chansons. Mais rassurez-vous pas de turbulences ici, tout est maîtrisé avec grand soin. On saute de ballades intimistes ou romantiques en rap engagé. Un mélange de voix féminine et masculine sur vingt-deux instruments, des harmonies hautement chargées d'émotions qui, avec délicatesse, nous plonge dans un univers qui nous surprend. C'est sincère et sensiblement attachant à la fois.

Nomad's land (Berderol)
Un peu d'air
Vide
Derrière la porte
Vivant
Chacun sait
Kouman (discours)
Philosophe
Ceux qui partent
Le fil
Interlude
Long sommeil
You will go
No one wants to change

"Un peu d'air n'est vraiment pas un projet commun. Il sort résolument des sentiers battus de la production actuelle pour offrir quelque chose de nouveau : une musique, un genre, une émotion, une éthique... et un combat" - The Artchemists

Après des recherches, oui je connaissais le groupe mais uniquement via la reprise qu'ils avaient faite de la chanson "Nantes" de Beirut, c'est avec joie que j'apprends que ce n'est pas leur premier album. J'aurai donc l'occasion de continuer à me plonger dans l'univers de ce groupe lorrain qui, au-delà de faire de la musique, véhicule bien d'autres choses à découvrir absolument !

L'album sort le 14 mai 2012, et La roulette rustre est en tournée actuellement, partageant les scènes avec d'autres groupes exceptionnels (La Ruda, les Ogres de Barbacks, Zebda...)

www.larouletterustre.com
La Roulette Rustre sur Deezer



Pablito

Thursday, April 12, 2012

CALI au festival MYTHOS de Rennes

22h00, parc du thabor.
Nous nous engouffrons dans la pénombre du parc, légèrement éclairé de lampions et de petites lumières lointaine. Le cabaret fait de bois et de décoration rappel le Paris des années folles. Deux minutes avant dans un centre ville somme tout à fait ordinaire, et d'un coup nous voilà "ailleurs", nous nous imaginons avec des chapeaux hauts de formes et des vestes queue-de-pie. Peut-être bien. En tout cas, comme endroit chaleureux on ne pouvait pas espérer mieux. C'est ça le festival Mythos (festival des Arts de la parole qui met les mots en mouvement en mélangeant théâtre, contes et concerts).

22h30.Alexis Anérilles monte sur scène, et se glisse sans un mot derrière son piano. Le petit cabaret plonge dans un silence religieux. Nous sommes deux cents personnes absorbés par la mélodie. Fidèle à lui-même, Cali signe un nouveau retour en acoustique avec "L'autre vie" où les textes sont encore plus dénudés, les mots sublimés. L’habillage piano-voix transcrivent de la plus belle des manières son univers poétique et révolté. A ma grande joie, car j'ai eu souvent l'occasion d'espérer que l'un de mes chanteurs préférés puissent totalement revisiter son répertoire. Certains l'ont fait, mais sans jamais trop se mouiller, deux trois arrangements par-ci, par-là, rien de bien excitant. Il me fallait vraiment un truc fou, un truc totalement inédit, un réarrangement complètement différent, qui puisse m'interpeller, m'émouvoir ou me faire évanouir de plaisir. Jusqu'à présent je n'ai jamais trouvé satisfaction, jusqu'à ce que Cali débarque dans le paysage musicale. Qu'il ne laisse personne indifférent je peux le comprendre, mais il faut avouer qu'entre les tournées punks, électriques et acoustiques ou le concert symphonique de Perpignan en 2006, c'est un artiste qui ose tout et n'a peur de rien, on s'en fout, on meurt demain ! Et surtout le plaisir de partager...

Le catalan en costard-cravate très chic, monte sur scène après cette introduction magnifique. Il débute avec "Murano" puis "Madame Buterfly", qui en version piano est plus qu'appétissant. Je suis sous le charme, le concert commence bien. Et voilà une des chansons que je n'ai jamais eu en concert et que j'ai tant attendu, l'une de mes préférées de l'artiste avec Pablito mon amour, et l'avortement. "L'amour m'a tué" me fait définitivement décoller. Ce texte est magnifiquement perturbant, et le "vivre" en concert reste quelque chose de beau. "La lettre au ministre..." que je n'aime pas vraiment n'entachera pas mon enthousiasme puisque viendra "Giuseppe et Maria", "Je ne vivrai pas sans toi", "Dolorosa", "La fin du monde pour dans dix minutes", "Je sais ta vie" ou encore "Il y a une question".
Le public semble être assez inédit. Effectivement, beaucoup laisse éclater quelques rires surpris aux mots de Cali, sur "Combien de jour de deuil à la mort de Johnny..." par exemple, ce qui me laisse supposer qu'il y a ce soir une bonne partie de spectateurs qui ne connaissent pas totalement l'artiste. L'ambiance est différente, ultra intimiste, un peu plus comme un concert à Vernet-les-bains ou à la Maroquinerie. Mais l'applaudimètre et la participation de ce public ne trompe pas sur les classiques comme "C'est quand le bonheur", "1000 coeurs debout", "Le grand jour" ou encore "Je m'en vais (après Miossec)". Bon sang, Christophe Miossec était sur la même scène la veille ! Un duo ne m'aurais pas déplu !
Le seul petit bémol que je regrette, c'est le choix de certaines chansons. Ne serait-ce pas l'occasion sur ce genre de concert de ressortir celles que l'on entend le moins en concert ? En tout cas ce soir j'ai eu une envie subite d'espérer une nouvelle tournée acoustique. J'ai fermé les yeux, je me suis mis à imaginer une tournée intimiste comme cette "autre vie". Les mots de Cali, un piano et une voix féminine en duo sur toutes les chansons. Oh oui c'est beau de rêver, surtout lorsqu'il s'agit de Jane Birkin. Ça relève du fantasme là, je l'avoue...

L'heure tourne, le concert tire à sa fin, et Cali nous explique sa passion adolescente pour les vinyls et surtout les groupes rock irlandais ou écossais, et raconte qu'en se promenant l'après-midi dans les rues de Rennes, il tombe par hasard nez-à-nez avec Jimmy O'Neill le chanteur des Silencers. En grand fan admiratif, il lui propose de venir le soir même improviser un petit duo sur scène lors du rappel. C'est complètement fou, et le bonheur qui se lit sur le visage de Cali ne trompe pas, il fait vraiment un boulot fantastique qu'il déguste jusqu'à la dernière miette. Tu as bien raison ! Ce bonheur là est contagieux, j'en suis contaminé, et cette soirée est déjà mémorable ! moltes gràcies !

Monday, April 2, 2012

Tryo - Greenwashing

Le 27 août prochain sortira le nouvel album de Tryo : Ladilafé ! En attendant, voici le premier extrait de l'album !