Wednesday, January 30, 2013

Running away avec The Dedicated Nothing


Je viens aujourd'hui vous parler d'un groupe que je viens de découvrir, The Dedicated Nothing. Les quatre garçons nous viennent de Biarritz et je dois dire qu'en voyant la pochette de l'EP, Running Away, je n'ai pas été surprise du tout. En effet, la pochette, photo en noir et blanc de palmiers sous un ciel nuageux, annonce tout de suite la couleur; nous allons pouvoir nous délecter d'un rock venu de plages de sable chaud et d'une mer pleine de surfeurs (ou peut être que je suis la seule à avoir vu ça juste en regardant la pochette!). 



Toujours est-il que je ne me suis pas trompée. Le titre "Running away" ouvre l'EP. C'est un titre très rock porté par une voix plutôt grave et un son qu'on ne retrouve pas beaucoup aujourd'hui. 
Viens ensuite "Love me girls" un titre un peu plus pop, mais toujours plein de rock et qui n'a rien à envier aux très bons groupe anglais que l'on peut entendre de nos jours. 
Sur "Here we are", nous pouvons remarquer un changement de rythme au long du morceau, passant de passage énergiques à d'autres plus calmes mais on se laisse transporter tout le long.
Enfin, voilà déjà la fin de l'EP avec "Ain't got words". Le titre débute calmement , puis, vers le milieu, une batterie vient casser ce rythme et donner au morceau une tournure plus rapide qui donne envie de danser.

C'est déjà la fin, mais heureusement, nous pourrons bientôt régaler nos oreilles avec davantage de titres car l'album est prévu pour mai. 

Lo'birds

Sunday, January 27, 2013

OLDELAF - Le Normandy - 26/01/2013



La première fois, je m'en souviens comme si c'était hier. Un souvenir mémorable. C'était à Perpignan en 2009, au bar du El Médiator que j'ai découvert Oldelaf et Monsieur D. Comme il m'arrive quelques fois, je suis parti à l'aveuglette en ayant écouté qu'une voire deux chansons, mais avec, à l'esprit et comme leitmotiv, cette citation de Charles Baudelaire : «Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.» Je n'espérais pas grand-chose, et j'ai reçu un plaisir des plus appétissants. C'était la première fois et la dernière fois car le groupe était en tournée d'adieu. 

Quatre ans plus tard c'est avec mon précieux ticket de concert que je me dirige vers Saint-Lô. Sans Monsieur D., Oldelaf a tenté l'aventure, a sorti un succulent album "Le monde est beau", et vient terminer sa tournée de deux ans dans sa Normandie natale avant une ultime date à l'Olympia. J'ai attendu trop longtemps de le revoir sur scène pour le louper maintenant, car c'était avec beaucoup d'engouement que je me suis mis à adorer le groupe Oldelaf et Monsieur D mais hélas en fin de carrière. Et aujourd'hui, c'est avec beaucoup d'admiration que je vois celle d'Oldelaf prendre une belle et grande dimension.

Entre chansons du nouvel album, et chansons du temps d'avec Monsieur D, le concert se déroule dans une très belle ambiance. Le concert démarre par "Le monde est beau" et, malgré un démarrage timide, je suis ravi de retrouver dès le début des grands classiques comme "Raoul mon pitbull" et surtout "Le crépi", mélangés avec "Danse", "Vendredi" ou encore "Sparadrap". Je comprends alors qu'il n'est pas possible, ni logique de tenir un concert entier avec douze chansons, et je m'aperçois que nous sommes dans une suite logique, puisqu'il n’existe pas un avant et un après Oldelaf. Au fur et à mesure que le temps avance, la température monte, les mâchoires se décontractent, les exclamations fusent, les rires s'enchaînent, et le concert se transforme en véritable spectacle, car en plus Oldelaf est superbement bien entouré. J'ai une admiration sans faille pour Charles Berthier qui m'amuse, même lorsqu'il ne dit rien, et encore plus lorsqu'il fait ses interventions très relevées. Mais c'est surtout son frère jumeaux Alain Berthier qui capte souvent mon attention, faut dire que le voir danser par exemple sur "La Jardinière de légumes" me fait passer un grand moment hilare. Le groupe est complété également par le très tactile Jacques F, et la méga-star Sardourienne Amaury Cantet.
Autour de moi, les gens très amusés, semblent pourtant être plus à l'aise à reprendre en choeur "La tristitude", par exemple, ou "Les Filles qui s'appellent Valérie", ce qui suggère qu'ils sont venus grâce à un album réussi. Devant la scène, les inconditionnel(le)s fans sont à l'image du talent du chanteur. Cela n'empêche pas de s'éclater tous ensemble sur "Les hippopotames", de danser sur "Barre techno", d'être à l'unisson sur "Nathalie mon amour des JMC". La température crescendo atteint l'alerte rouge lorsque nos mains chauffent au rythme du déjanté titre "J'ai chaud" et de l'incontournable "Le café". Oldelaf sait allumer le feu, mais lorsqu'il chante avec tendresse de jolies balades comme "Les Mains froides" ou "Courseulles-sur-Mer", on s'attendrit d'un sourire, sous le charme, et attentif à ses histoires qui nous ressemblent.

Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, après "Le testament", Oldelaf et les siens, debout au milieu d'un public assis, nous chantent "Si on chantait". Là, avec des yeux grands ouverts et pleins de joie, un sourire jusqu'aux oreilles j'aimerais leur répondre "-S'il vous plait, chantez encore et encore...". Puis lorsque les lumières s'allument, je ne sais pas si la soirée a été réussie ou pas, mais en voyant les visages heureux de mes voisins, je doute que je fus le seul à l'avoir passée sous le signe du rire et du brio. Plus besoin de protoxyde d'azote, Oldelaf est là maintenant !

Pablito

Thursday, January 24, 2013

5 bonnes raisons d'écouter... (9)

Je suis venu vous voir - Mano Solo
 
  • La première raison est de rendre enfin un hommage sur ce blog à un grand homme, un artiste exceptionnel de la chanson française qui nous a quitté en janvier 2010.
  • Ensuite parce que cette chanson est perturbante et son choix forcément logique. Avant on pouvait l'écouter avec le sourire, c'est avec nostalgie qu'on l'écoute aujourd'hui. Faut-il avoir du cran pour chanter sa mort ? Mano Solo, cet écorché vif, nous a laissé un message indélébile avec des mots justes, une émotion rare et sincère comme il savait les transmettre dans ces chansons. Inéluctablement vrai.
  • Il nous a laissé peut-être le pire, mais il nous a surtout laissé beaucoup et pour preuve en une phrase : "s'il ne voit pas que je suis un ange alors qu'il change de boulot... et s'il veut , moi je prend sa place : y aura des filles et de la Ganja, des passion sans limites, nous nous battrons des ailes et nous volerons bourrés, nous mangerons des pommes envenimées et nous cracherons le mal comme un pépin, nous serons sincères comme jamais et nous serons beaux pour ça..."
  • Et bien que tout cela peut paraître triste, cette chanson dégage pourtant quelque chose de fort, de beau... Comme il disait «-J'ai pitié pour tous ceux qui croient que ma vie n'est pas un cadeau.» C'était un combat, mais dans cette guerre, l'amour a gagné. L'amour de soi, l'amour de l'autre, l'amour des choses, l'amour des mots, l'amour du souvenir : l'amour de vivre tout simplement.
  • Alors maintenant, même si Mano n'est plus là, une chose est sûre c'est que son œuvre ne cessera jamais de naviguer sur les flots, toujours portée à bout de bras par des milliers de fans à jamais orphelins d'un génie qui pratiquait et partageait son art avec passion, comme un peintre respire à travers sa peinture. Oh oui ! on est beau grâce à lui.

    Pablito

    Monday, January 14, 2013

    ZOMBIE ZOMBIE - Rituels d'un Nouveau Monde



    Ne vous laissez pas berner par le nom du groupe. Non, Zombie Zombie n'est pas un groupe de morts-vivants sanguins et hardcore mais bel et bien un groupe mort de faim, musicalement parlant, qui nous propose une pop-music cosmique et électro, capable de nous coller un rythme au cœur à coup de claviers vintage et de percussions diverses. La magie de Zombie Zombie réside dans un univers rétro et moderne à la fois, en s'appropriant le passé afin d'inventer de nouvelles sonorités musicales, et c'est sacrément bien réussi. Rituels d'un Nouveau Monde, leur nouvel album, est sorti en octobre 2012.

    Le morceau d'ouverture, The Wisdom of Stones à l'impact sonore afro, donne très rapidement le ton d'un album atmosphérique, mystérieux, intrigant, me rappelant le bon temps du punk-électro de Spicy Box, et me confirme que l'électro peut s'inviter dans n'importe quel style à condition que... Une intro tellement envoûtante que l'on désire parcourir le voyage spatial et intergénérationnel en enchaînant avec le deuxième titre Illuminations qui va accélérer la cadence. Rythme répétitif, avec Zombie Zombie comme nom en tête, ce soir je file à la rave-party du cimetière d'à côté. John Carpenter, le maître de l'horreur, n'est pas loin également et, même si je ne l'avais pas lu, en m'intéressant de plus près au groupe, nul doute que l'admiration que je porte au cinéma de John aurait fini par connecter les liens entre le réalisateur et le groupe, dans mon cerveau. Les références de Zombie Zombie continuent d'infuser dans l'album. Avec la reprise de Rocket#9 de Sun Ra, on touche, d'une oreille, une partie des plus belles pages de l'histoire musicale à savoir l'expérimentation libre et légère des années 70. C'est agréablement beau à écouter, surtout lorsque le saxo d'Etienne Jaumet ajoute cette petite touche jazzy frétillante à la rythmique de Cosmic Neman, son compère. Le duo Zombie Zombie n'en finit plus de provoquer la transe et de se faire plaisir avec Watch the World from a Plane, Forêt Vierge, L'âge d'Or, ou le planant Black Paradise qui conclut ce "Rituels d'un Nouveau Monde".

    Dans l'ensemble, Rituels d’un Nouveau Monde est un bel album, dans sa forme comme dans son fond, et idéal pour une génération d'amateur éclectique et avide de musiques à fortes sensations. Dès que c'est percutant de toute manière, on s'en régale n'est-ce pas ? Je suis tombé par le plus grand des hasards sur cet album, à la pochette (laboca) qui interpelle tout autant que le nom du groupe, et si je prends aujourd'hui la plume, c'est que je viens à mon tour d'être contaminer par le virus...

    Pablito  


    Site officiel de Zombie Zombie
    Écouter l'album sur Deezer

    Sunday, January 6, 2013

    Hubert-Félix THIEFAINE - Autorisation de délirer



    Voilà un album d'Hubert-Félix Thiéfaine qui me marque profondément depuis bien longtemps.
    Autorisation de délirer, sorti en 1979, est le second album du chanteur avec son groupe Machin. Deuxième opus du triptyque folk avec "Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir" (sorti en 1978) et "De l'amour, de l'art ou du cochon" (1980). 
    En qualité de simple fan d'HFT, si je ne devais choisir qu’un album parmi sa longue discographie, il n’y pas l’ombre d’un doute que ce serait celui-ci. Un album dément, très puissant musicalement, et au niveau des paroles… que dire… bon sang, existe t-il un mot plus fort que « excellentissime » ? Mon exagération est à son apogée mais Autorisation de délirer est un album fantastique, psychédélique, perturbant et percutant. A connaître absolument ou du moins à écouter dans son intégralité une fois dans sa vie. Et depuis belle lurette, j’essaye de trouver un album équivalent à celui-là mais je ne trouve rien d’aussi puissant, même si les deux autres albums du triptyque valent aussi leur pesant de cacahuètes, que Suppléments de mensonge est un chef-d’œuvre, et que Soleil cherche futur a très souvent tourné sur ma platine.



    Voici, à mon sens, un album culte, même s'il a une saveur que je n’arrive pas vraiment à décrire, à moins de pouvoir retourner vivre dans la fin des années 70. Dans ce cas, on pourrait expliquer logiquement l’étrange atmosphère psychédélique qui plane autour et dans cet album. Néanmoins on peut facilement se faire emporter dans l’étrange univers du chanteur et cela sans prendre de drogue. En tout cas, je pourrais me le permettre derrière mon pseudo de trafiquant colombien, mais je préfère m'abstenir de penser que le chanteur aurait consommer des substances illicites pendant la réalisation de cet album. N’empêche qu'après écoute de celui-ci on se pose (avec sourire et stupéfaction) logiquement des doutes…

    " Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe. 
    Et moi je suis timide comme un enfant mort-né."

    Autorisation De Délirer s’ouvre sur un classique : La Vierge Au Dodge 51. Un morceau très acoustique à la conclusion très rock, un accent sorti tout droit du son Jura natal, le ton de l’album est donné : attention délire ! Mais l'autorisation que s'offre et nous offre Thiéfaine, n'est pas ici de s'amuser, mais d'un bon délire mental... « Ce matin le marchand d’coco n’est pas passé.. » Ah bon ? c’est bizarre, on pourrait croire le contraire… surtout quand on entend les tribulations d’un amant maudit faisant l’amour dans une baignoire remplie de choucroute garnie. S'en suit Court-métrage. La chanson est une ballade assez molle comme…dans un film américain ! « je lui dis i love you, elle m’a répondu : mais moi j’t'emmerde…tout comme dans un film français ». La nonchalance par excellence… on adorerait être déprimé pour la peine !

    La Môme Kaléidoscope, aux paroles tout simplement énormes et à la musique entraînante : une prostituée à la retraite dans son appart parisien raconte sa vie sur fond de piano bar teinté de tango. « …et je carburais du siphon, à détraquer tous les gravos qui v’naient s’faire graisser leur oignon avant d’replonger au boulot…». Thiéfaine, dès le début de sa carrière, prouve qu'il est déjà un poète et qu'il fait ce qu'il veut des mots.
    L’homme politique, le rollmops et la cuve à mazout nous offre six minutes grandioses et dépressives, mais tellement enthousiastes, grâce à une ballade rock mélancolique aux paroles qui rendraient jaloux tous les poètes du siècle dernier qui adoraient se shooter à l’absinthe. Enfin ma petite préférée : Variations autour du complexe d’icare est d’une pure folie et raconte l’histoire d’un garçon qui a oublié son cerveau au fond de son cartage dans l’auto et pleure sa mère. « maman regarde je vole… je vole… » et sur la mélodie des orgues, moi aussi, je vole... Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs) à la touche électro-disco-spatiale est complètement déjantée et démente. La Queue, est une belle chanson aux paroles profondes. « alors je rêve d’être un tombeau avec des lumières tamisées où je pourrais compter mes os en attendant l’éternité..»
    Dernière station avant l’autoroute pourrait, elle aussi, être une nouvelle preuve que cet album n’a pas était réalisé à jeun… Quoiqu’il en soit, la chanson dure 40 secondes, certes c’est court, mais bon dieu qu’est-ce qu’on aimerait se balader sous son ciel couleur de pomme...
    Rock Autopsie « Quelque part sur la sixty-one, Abraham s’est flingué en voyant Dieu sur sa guitare complètement défoncé, mais le guignol au tambourin doublé des mômes 12 et 35 n’arrive même plus à jouer : Baby ça vient, ne change pas de joint, Satan va plus chez Mick Jagger voir ses admiratrices bouffer la bidoche de leur mère dans des tubes en plastique ». Quoi d'autre à ajouter ? Parfois les textes d'une chanson suffisent à elles-mêmes comme description. Tout comme Autorisation de délirer qui est parfaite pour nous préparer au dernier morceau de l'album, l'un des chefs-d’œuvre de Thiéfaine : Alligators 427. Un décollage de sept minutes pour finir par en hymne nucléaire. Désormais vivre est un calembour, la mort est devenue un état permanent, le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours, et Hubert-Félix Thiéfaine achève son délire par un dernier souffle apocalyptique.

    Alors, lorsqu'on écoute aujourd'hui cet album d'une oreille légère, en façade, on entend un gros délire plaisant qu'on ne pouvait faire que dans les années 70-80, mais avec une oreille plus approfondie, le côté morbide de Thiéfaine fait surface. C'est là que tout le contraste de l'artiste surgit et vient nous éblouir. C'est peut-être effrayant mais il n'y a que lui qui peut nous faire lâcher un sourire en scandant "Vive la mort".  

    Pablito



    Le site d'Hubert-Félix Thiefaine
    écouter l'album sur Deezer

    à lire également sur le blog :
    Chronique de Suppléments de mensonge